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Protection de la nature façon "cucquoise" par Paul Hémic...
Début décembre 2007, notre attention était attirée sur des travaux en cours dans un secteur de prairies humides à Cucq, commune voisine du Touquet. Une noria de tracteurs apportait de la terre dans une parcelle située rue des Iris, près de la prairie du tir à l’arc. La terre était ensuite étalée sur le terrain par un bulldozer.
Sur place, c’est un spectacle de désolation qui nous attendait : un remblai de plusieurs milliers de mètres carrés avait recouvert la prairie et la roselière voisine. Seul un couloir épargné le long de la tringue (cours d’eau) rappelait l’aspect sauvage antérieur des lieux.
Informé par nos soins, un fonctionnaire du Conseil Supérieur de la Pêche (chargé de la police de l’eau sous l’autorité de la M.I.S.E.) se rendait sur place dès le lendemain et, constatant l’illégalité de ces travaux, ordonnait leur cessation immédiate. Il faut en effet savoir que la réglementation (Loi sur l’Eau) rend obligatoire une déclaration de travaux avant remblaiement en zone humide excédant une surface de 1.000 m². Dans le cas qui nous occupe, cette procédure n’avait pas été respectée.
Avec notre expérience de la gestion des questions environnementales par les élus locaux du secteur (pour faire court : « L’Etat, c’est moi ! »), nous ne fûmes pas surpris d’apprendre que le responsable de ces travaux était la municipalité de Cucq, qui n’avait rien trouvé de mieux à faire que de proposer ces terrains communaux pour accueillir la terre extraite du chantier de la station d’épuration de Trépied.
A l’heure où nous écrivons ces lignes (30 janvier) les travaux ont cessé et le remblai est toujours là. Reste à savoir quelles suites l’Etat (le vrai) entend donner à cette affaire. On ne peut en effet exclure une régularisation à posteriori, procédure couramment utilisée pour les actes délictueux en matière d’environnement.
Mais nous ne pouvions terminer ces lignes sans signaler (perfidement, diront certains…) que le terrain remblayé a été retenu par les élus cucquois comme un « secteur non équipé [faisant] partie d’un vaste écosystème à protéger » dans le règlement du Plan Local d’Urbanisme adopté en septembre 2006. Il est vrai que le même règlement attribue à ce «secteur naturel [une] vocation touristique et de loisirs, se traduisant par la possibilité de réaliser des équipements tels que campings, caravanings, clubs nautiques, parc résidentiel de loisirs etc» (notez bien le «etc»). Navrante incompétence ou cynisme écoeurant… à vous de juger ! Mais les services de l’Etat, qui examinent actuellement le P.L.U. de Cucq, seront-ils dupes de ce grossier stratagème ?
Date de création : 05/02/2008 @ 09:31
Dernière modification : 05/07/2011 @ 18:19
Catégorie : Protection
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